Contenu principal
Recettes100
Couque de Noël dorée parsemée de sucre perlé

Couque de Noël maison, la brioche en forme d'enfant emmailloté

La couque de Noël est une brioche au lait façonnée en forme d'enfant emmailloté, que l'on offre aux enfants le matin du 25 décembre dans le Nord de la France et en Belgique. Appelée aussi coquille de Noël, cougnou ou cugnole selon la région, elle se garnit de raisins secs et de sucre perlé.

Cette recette facile donne deux couques de belle taille avec une pâte levée classique : farine, lait tiède, levure de boulanger, œufs, beurre et une pointe de sel. Comptez environ 30 minutes de travail, trois heures de pousse au total et 25 minutes de cuisson. Le résultat se rapproche de ce que vendent les boulangeries du Nord en décembre : une mie filante, une croûte dorée au jaune d'œuf et quelques grains de sucre qui croquent sous la dent.

D'où vient la tradition de la couque de Noël ?

La couque de Noël appartient aux traditions de Noël du Nord, de la Wallonie, de Bruxelles et de la Flandre. Sa silhouette, un corps allongé et deux petites boules aux extrémités, représente l'Enfant Jésus dans ses langes : c'est pour cela qu'on l'appelle parfois « pain de Jésus ». Les familles la posaient au pied du sapin ou dans le soulier des enfants pour le petit déjeuner du jour de Noël, souvent avec un bol de chocolat chaud.

Le nom change d'une région à l'autre, et chaque ville défend le sien. On parle de coquille dans le Nord et le Pas-de-Calais, de cougnou ou de cougnole en Wallonie et à Bruxelles, de cugnole ou de cuniole selon les villages, de « volaeren » côté flamand. Dans les boulangeries belges, le cougnou est traditionnellement décoré d'un petit médaillon en terre cuite (ou en plâtre) planté sur le dessus, qui figure l'Enfant Jésus ou une scène de la Nativité. Ce médaillon ne se mange pas : les enfants le gardent d'une année sur l'autre.

L'origine exacte de cette brioche reste mal documentée, mais la forme emmaillotée la rattache aux pains de fête de la Nativité. La période de vente suit le calendrier des fêtes : pendant tout le mois de décembre, les premières coquilles apparaissent en boulangerie, parfois dès la Saint-Nicolas, et disparaissent après le Nouvel An, au moment où la galette prend le relais en janvier.

Table des matières
  1. D'où vient la tradition de la couque de Noël ?
  2. Les ingrédients pour deux couques
  3. Préparer la pâte et la laisser pousser
  4. Façonner l'enfant emmailloté
  5. Dorure et cuisson de la coquille de Noël
  6. Cougnou, coquille ou brioche : ce qui change
  7. Servir et conserver la couque

Les ingrédients pour deux couques

Les ingrédients de la couque de Noël sont ceux d'une brioche au lait, un peu moins riche en beurre qu'une brioche parisienne. Pour deux couques d'environ 400 g chacune :

  • 500 g de farine de blé T45 (ou T55, la mie sera un peu moins aérienne)
  • 20 g de levure de boulanger fraîche, ou 7 g de levure sèche de boulanger
  • 20 cl de lait entier tiède
  • 60 g de sucre en poudre
  • 1 cuillère à café rase de sel (environ 8 g)
  • 2 œufs entiers à température ambiante
  • 90 g de beurre mou coupé en dés
  • 120 g de raisins secs
  • 2 cuillères à soupe de sucre perlé
  • pour la dorure : 1 jaune d'œuf battu avec 1 cuillère à soupe de lait

Pour parfumer la pâte, le zeste d'une orange ou d'un citron non traité fonctionne bien, tout comme quelques pépites de chocolat à la place d'une partie des raisins, une variante que les enfants réclament souvent. Les raisins gagnent à tremper 20 minutes dans un peu d'eau tiède (ou de thé) avant d'être égouttés et séchés dans un torchon : ils restent moelleux et ne pompent pas l'humidité de la mie pendant la cuisson.

Préparer la pâte et la laisser pousser

La préparation de la pâte de couque commence par la levure. Délayez la levure fraîche dans le lait tiède (pas chaud : au-delà de 40 °C, elle meurt) avec une cuillère à café de sucre, puis laissez reposer 10 minutes jusqu'à ce qu'une mousse se forme en surface.

  1. Dans un grand saladier ou la cuve d'un robot, mélangez la farine, le reste du sucre et le sel, en tenant le sel à l'écart de la levure.
  2. Ajoutez le lait à la levure et les deux œufs battus, puis pétrissez 5 minutes à vitesse lente : la pâte doit former une boule.
  3. Incorporez le beurre mou en trois fois et pétrissez encore 8 à 10 minutes, jusqu'à ce que la pâte se décolle des parois et devienne lisse et élastique.
  4. Ajoutez les raisins secs à la fin, en pétrissant juste assez pour les répartir.
  5. Couvrez d'un linge et laissez lever 1 h 30 dans un endroit tiède, à l'abri des courants d'air : la pâte doit doubler de volume.

Côté ustensiles, un saladier, une corne et une plaque suffisent : aucun moule n'est nécessaire, la couque cuit posée à plat. Un robot de cuisine ou un Thermomix (mode pétrin) évite de pétrir à la main, une étape longue avec une pâte au beurre. Pour la levure fraîche, un cube de 42 g en contient deux fois la dose : coupez-le en deux morceaux et gardez le reste au frais.

Avec une machine à pain, le programme « pâte levée » fait le pétrissage et la première pousse : versez les liquides d'abord, puis la farine, le sucre, le sel et la levure dans un puits, et ajoutez les raisins au signal sonore. Le façonnage et la cuisson se font ensuite à la main et au four, comme pour toute brioche façonnée, la brioche tressée à la levure chimique exceptée, qui se passe de pousse.

Façonner l'enfant emmailloté

Le façonnage de la couque de Noël donne sa forme d'Enfant Jésus. Dégazez la pâte en l'écrasant du plat de la main, puis partagez-la en deux pâtons égaux, un par couque. Dans chaque pâton, prélevez deux petites boules d'environ 60 g.

  • Roulez le gros pâton en un boudin ovale d'une vingtaine de centimètres, un peu plus épais au centre.
  • Posez-le sur une plaque de four couverte de papier cuisson.
  • Collez une petite boule à chaque extrémité en pinçant légèrement : l'une figure la tête, l'autre les pieds.
  • Certaines familles pratiquent une entaille au couteau sur le milieu, ou pincent le centre pour marquer les bras croisés.

Laissez reposer les couques façonnées 45 minutes à 1 heure sous un linge. Cette seconde pousse, appelée apprêt, décide de la légèreté de la mie : une pâte qui ne lève pas assez donne une couque dense, une pâte qui lève trop s'affaisse au four. Le bon repère est un pâton qui a gonflé d'environ moitié et qui reprend lentement sa forme quand on l'enfonce du doigt.

Dorure et cuisson de la coquille de Noël

La cuisson de la coquille de Noël se fait au four préchauffé à 180 °C, chaleur traditionnelle. Badigeonnez délicatement les couques de jaune d'œuf battu avec le lait, au pinceau, sans faire couler la dorure sur la plaque (elle collerait la pâte et l'empêcherait de gonfler). Parsemez de sucre perlé, en appuyant à peine pour qu'il tienne.

Enfournez à mi-hauteur pendant 20 à 25 minutes. La couque est cuite quand elle est bien dorée et sonne creux sous les doigts quand on tape dessous. Si le dessus colore trop vite, couvrez d'une feuille de papier cuisson pour les dernières minutes. À la sortie du four, laissez refroidir sur une grille : posée sur la plaque chaude, la base continue de cuire et ramollit en condensant.

L'astuce des boulangers du Nord pour une dorure plus foncée : ajouter une pincée de sucre en poudre au mélange jaune d'œuf et lait, puis laisser sécher deux minutes avant d'enfourner. Une seconde dorure à mi-cuisson donne une croûte plus brillante, à la façon des couques de boulanger. Le médaillon en terre cuite, si vous en avez un, se pose après la cuisson, quand la brioche a tiédi.

Cougnou, coquille ou brioche : ce qui change

Le cougnou et la coquille désignent la même brioche de Noël sous deux noms, belge et français. Les différences tiennent à la recette de chaque boulanger plus qu'au nom. Le tableau compare les trois façons de faire que l'on rencontre le plus souvent.

VersionOù on la trouveGarniture habituelleDécor
Coquille de NoëlNord, Pas-de-CalaisRaisins secs ou natureSucre perlé
Cougnou, cougnoleWallonie, BruxellesRaisins secs, sucre en grainsMédaillon en terre cuite
Version chocolatPartout, surtout pour les enfantsPépites de chocolatSucre perlé ou nature

Hors de ces régions, la couque de Noël reste peu connue : on la confond parfois avec la brioche de la Saint-Nicolas, le « Mannele » d'Alsace, qui représente lui un petit bonhomme aux bras et aux jambes dessinés.

Servir et conserver la couque

La couque de Noël se déguste au petit déjeuner du 25 décembre, tiède ou à température ambiante, tranchée en épaisseur. Les puristes la mangent nature, d'autres la tartinent de beurre salé ou de confiture, et beaucoup la trempent dans un chocolat chaud. Elle accompagne aussi très bien le goûter des jours de fête, à côté de la bûche, pour ceux qui préfèrent un dessert moins sucré.

Enveloppée dans un film ou un sac en tissu, la couque reste moelleuse deux jours. Le troisième jour, elle sèche un peu : passée quelques minutes au four ou grillée, elle retrouve du goût, et ses restes font un excellent pain perdu. Elle se congèle aussi très bien, emballée dès qu'elle a refroidi, et se réchauffe au four après décongélation. Pour d'autres brioches et gâteaux du goûter, la rubrique des desserts et pâtisseries maison rassemble les recettes du site.

Peut-on préparer la pâte la veille ?

La pâte de couque supporte bien une pousse lente au réfrigérateur : après le pétrissage, couvrez-la et laissez-la une nuit au froid. Le lendemain matin, façonnez-la directement à la sortie du réfrigérateur, puis comptez un apprêt plus long, d'environ 1 h 30, avant la cuisson. C'est la méthode la plus pratique pour servir des couques chaudes le matin de Noël.

Faut-il de la levure de boulanger ou de la levure chimique ?

La couque de Noël demande de la levure de boulanger, fraîche ou sèche : c'est elle qui donne la mie filante d'une brioche. Avec de la levure chimique, on obtient un gâteau moelleux mais à la mie serrée, plus proche d'un cake, qui ne ressemble plus au cougnou des boulangeries.

A decouvrir

Recettes a essayer aussi

Une recette par semaine

Des idées testées en cuisine, sans blabla ni pub. Directement dans votre boîte mail.

↑